Difficile de refermer un tel livre. Il est sombre et cruel, comme l'annonce la quatrième de couverture. J'ajouterais qu'il est parfois insoutenable avec des passages dignes du marquis de Sade, et surtout profondément humain avec le parcours croisé de trois personnages principaux. Un polar qui donne à réfléchir sur la violence quotidienne et notre société en vase clos, au travers d'un flic de province désabusé par le système judiciaire qui se console entre les cuisses d'une prostituée dont il tombe amoureux, d'une adolescente victime d'inceste qui nous fait partager ses souffrances et ses remords par le biais de son journal intime, et de Jean, un animateur réduit à quelque relation homosexuelle avec un mineur en déshérence.
Décortiqués au scalpel, les faits divers s'enchaînent. Mais la force du texte, c'est l'absence de jugement de valeurs. Il n'y a pas de bon, pas de méchant. Chacun vit avec ses troubles, ses erreurs, son passé, chacun est noyé dans son quotidien. Un peu comme chez Hugues Pagan.
Michel Vigneron est flic et ça se sent, ça transpire à chaque page, au travers des dialogues, des conflits hiérarchiques, et des scènes quotidiennes de la vie de policier. Je ne parle pas du café du matin ou de la notation annuelle, je parle de la scène d'autopsie, de la glotte qui joue au yo-yo lors de la découverte du cadavre fermenté, de cette scène hyperréaliste de "saucissonnage" commis par les gitans chez une vieille dame dans une ferme reculée, je parle de cette gamine qui cherche à échapper aux violences sexuelles de son père en faisant croire que sa période de mentruation n'est pas terminée.
Merci Michel. Le puits de la perversion m'a remué les tripes. Merci également à Gilles Guillon, éditeur chez Ravet-Anceau, qui m'a permis de te lire.

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