mercredi 11 novembre 2009

Paris à l'heure allemande


On n'aura jamais autant parlé de Berlin et de nos relations avec l'Allemagne que cette semaine. Berlin et le 20ème anniversaire de la chute du mur, l'amitié franco-allemande et la présence d'Angela Merkel sous l'Arc de Triomphe, et pour finir de vieilles déclarations faites par la néo-berlinoise Marie NDiaye, notre nouvelle prix Goncourt, sur la monstruosité de la France de 2009.

Cela tombe bien car en cette semaine pleine de commémorations, je viens de clore le dernier chapitre d'un polar historique qui débute justement un 11 novembre, celui de l'année 1940. Un polar que je pourrais intituler "Paris à l'heure allemande", d'ailleurs. Car le Paris des années d'occupation vit sur le fuseau horaire de Berlin. Le Paris (et la France) des années noires, c'est aussi le couvre-feu à 23h00, ce sont les alertes et les descentes dans les abris, ce sont les rafles de juifs, de résistants et de communistes, une presse collaborationniste, une population entièrement dévouée à Pétain (y compris en avril 1944 lorsque des dizaines de milliers de Parisiens l'acclament), ce sont les files d'attente devant les commerces, les "gagneuses" qui se vendent à l'Allemand pour quelques Reichsmarks, ce sont les tortures de la rue Lauristion et de l'avenue Foch, les exécutions au Mont Valérien et à Châteaubriand, les massacres de Maillé et d'Oradour-sur-Glane. En bref, une période monstrueuse, que les historiens n'ont pas fini d'analyser et de décortiquer. Oui, la France des années 40 a été monstrueuse.

La France de 2009 ressemble-t-elle à celle de 1940 ? Au-delà de la polémique, c'est la question que semble poser Marie NDiaye. Mais peut-être a-t-elle raison, après tout. Car la France de 1939 ne semblait pas spécialement monstrueuse à ses contemporains. A méditer...

On n'aura jamais autant parlé de Berlin et de nos relations avec l'Allemagne que cette semaine. Et c'est tant mieux...








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