Cela fait trois semaines que je relis mon manuscrit. Trois semaines à scruter l'erreur, à polir, à retravailler certains dialogues, le dictionnaire des synonymes sous le coude pour éviter les répétitions. Trois semaines c'est peu finalement, comparées aux soixante années de Goethe qui n'a cessé tout au long de sa vie de travailler son Faust.
Place aux correcteurs maintenant, des fidèles et des nouveaux venus, au total six ou sept personnes, essentiellement des collègues, pour certains passionnés d'Histoire. Surtout des amis qui n'auront pas de scrupules à dire que mon travail est médiocre s'ils le considèrent comme tel. Moi, je suis en vacances. Je vais en profiter pour lire quelques livres accumulés depuis des mois, revoir en boucle la main salvatrice de Thierry Henry, chercher à comprendre pourquoi tant de Français arrivent à penser que Treiber est innocent et que Musulin est un gentil garçon. Je vais chercher une idée de couverture aussi, même si je rêve déjà de deux soldats feldgrau que l'on aperçoit sous la Tour Eiffel, à travers l'entrejambe d'une échassière vêtue de porte-jaretelles roses au premier plan. Puis un titre, nécessairement. Peut-être "Entre rose et noir". Peut-être pas. J'attends les avis et conseils de mes correcteurs. Ecrire sur l'Occupation de la France, la police parisienne et les cabarets envahis par les milieux de la collaboration était devenu un besoin. J'espère en avoir respecté l'esprit.
Entre rose et noir, la gamme des couleurs paraît étendue. Elle ne l'est pas, en fait. Thierry en rose, c'est celui qui explose les Brésiliens en quart de finale de la coupe du monde 2006. Thierry en noir, c'est celui qui crucifie les Irlandais en 2009. Pour preuve ces Parisiens versatiles, roses en août 1944 lors de la Libération de Paris, bien noirs cinquante jours plus tôt lorsqu'ils se recueillaient par milliers lors des obsèques du collaborateur Philippe Henriot. Le monde est ainsi fait. Serge de Lenz, avant de devenir le pire des tortionnaires, a été un gentleman-cambrioleur adulé. D'autres, avant de devenir Grand-Croix de la Légion d'Honneur ont reçu la Francisque des mains de Pétain. Les gens, la morale et parfois le Droit oublient, l'Histoire rarement.
Mon prochain projet ? Une histoire de flics, forcément. Très contemporaine, très parisienne, qui sonnera probablement le retour de Duhamel et de Belhali.
bonjour Hervé,
RépondreSupprimerje n'ai pas lu ton livre, je l'ai dévoré!
Un tableau dans le tableau, avec des points communs entre ta vie et le roman...
J'aimerai bien qu'il y ait une suite!
Un vrai coup de cœur en tout cas pour moi,
A plus de te lire,
Laurent